le bitume, kezako? pourquoi recherche-t-on des « HAP » dans les enrobés?


Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques

Rappels

Un enrobé est un mélange de graviers, de sable, de fines et de liant, appliqués en une ou plusieurs couches, pour constituer le revêtement des chaussées ou des trottoirs. La présence de sable, en quantité plus ou moins importante, permettra de favoriser la perméabilité du revêtement.

Le bitume contient un mélange complexe d’hydrocarbures, notamment des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des composés soufrés et des composés organiques volatils (COV) tels que des aldéhydes et des cétones. Lors du chauffage, du mélange et de l’application, ces composés se volatilisent, ce qui lui confère son odeur âcre caractéristique.

De par ses propriétés imperméables, malléables et adhésives, le bitume est aujourd’hui utilisé comme liant dans les enrobés bitumeux ou l’asphalte pour fabriquer divers revêtements (routes, parking, trottoirs, etc.).

Dans la construction routière, ils sont utilisés pour former les différentes couches des routes, les enrobés bitumineux sont fabriqués en chauffant un mélange de graviers et de bitume à 160 °C environ. Le bitume est utilisé comme liant à hauteur de 5 % du mélange environ.

Autre usage du bitume : L’asphalte est un mélange de granulats fins et de bitume (utilisé comme liant à hauteur de 10 % environ). Chauffé en moyenne à 200 °C, l’asphalte sert comme revêtement des trottoirs, parkings, stations de métro ou de toute surface ne nécessitant pas une forte résistance mécanique.

Issu du pétrole, le bitume ne doit pas être confondu avec le goudron, qui est quant à lui issu du charbon.

Utilisé en tant que liant pour les routes ou les produits d’étanchéité au début du XXe siècle, le goudron est un sous-produit de la transformation de la houille en coke. Il a été progressivement substitué par le bitume du fait de sa sensibilité thermique et de sa dangerosité. S’il n’est plus utilisé pour les routes depuis 1993, on l’emploie encore pour le revêtement de certaines surfaces nécessitant une résistance aux hydrocarbures (stations d’essence, péages d’autoroutes, etc.). De même, les fluxants houillers, également issus de la transformation de la houille en coke ont été progressivement substitués pour être totalement remplacés en 2005 par les fluxants issus du pétrole ou des végétaux pour la fabrication des routes.

LES HAP ET L’EXPOSITION PROFESSIONNELLE
Les HAP, ou Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques, sont des constituants naturels du charbon et du pétrole.

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont un groupe de plus de 100 composés organiques constitués de plusieurs cycles aromatiques liés entre eux. 16 ont été désignés comme polluants hautement prioritaires.
On trouve beaucoup de HAP dans les goudrons issus de la houille et les produits qu’ils traitent (asphalte, plaques bitumées…).
Dangereux, les travailleurs peuvent y être exposés non sans risque. La peau peut absorber des HAP lorsqu’elle se trouve en contact direct avec des produits contenant des poussières de HAP, ou au contact de matériaux en contenant.
Plusieurs cancers professionnels ont été potentiellement identifiés en lien avec les HAP.

Nota : Il n’y a pas de corrélation possible entre les mesures de HAP dans les matériaux et les mesures de HAP dans l’air inhalé par les opérateurs. Il faut effectuer des mesures au poste de travail pour savoir quelle est la concentration de HAP dans l’air en visant le niveau d’exposition le plus bas possible (VLEP). Il n’y a pas de valeur limite d’exposition réglementaire.

Il existe deux valeurs limites concernant les teneurs en HAP :

1. Sur le plan environnemental relatif à la présence de HAP dans les matériaux prélevés par carottage dans les chaussées, les résultats sont exprimés en mg/kg de matériau (la valeur doit être inférieure à 50 mg/kg dans le matériau = seuil environnemental déchets). Ils montrent que les déchets de rabotage-décroutage d’enrobés ne sont pas des déchets inertes si la teneur en HAP du matériau dépasse 50 mg/kg. Ce sont alors potentiellement des déchets dangereux qui doivent être éliminés dans une installation de déchets dangereux. Ils ne peuvent pas être recyclés en centrale d’enrobés (voir guide Usirf).

2. Sur le plan santé-travail relatif aux émanations de HAP (sous forme vapeurs/gaz) lors de travaux de rabotage/décroutage, ces enrobés chargés en HAP font l’objet d’une valeur recommandée par la CNAMTS pour indiquer la teneur en HAP dans l’air respiré par les salariés. Cette valeur doit être inférieure à 150 ng pour le benzo[a]pyrène (HAP) par m3 d’air respiré. (source PréventionBTP)


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